Carnet de Voyage (LAOS) 12

Les moines vivent de la charité publique. Au lever du jour, ils vont quêter leur nourriture qu’ils pourront absorber jusqu’à midi. En principe, le reste de la journée, ils ne peuvent que boire. Les moinesses ne quêtent pas leur nourriture, qu’elles peuvent se préparer, mais vivent aussi de l’aumône. Tout homme sera moine au moins une fois dans sa vie, généralement avant l’âge adulte, ce qui correspond à une forme d’initiation, de trois semaines à six mois, souvent pendant la saison des pluies. Ceux qui décident de rester dans les ordres le font volontairement. Le port de la robe monastique confère à ceux qui la portent le plus haut rang dans la société. Ainsi, au Cambodge, ex-Khmers rouges et bandits se réfugient dans les monastères où ils se font moines – et sont de ce fait intouchables – ce qu’ils resteront à leur sortie, à condition d’y avoir passé trois ans. Un comble dans ce pays où les moines ont été persécutés massivement sous la houlette de Pol Pot: « les moines sont des sangsues, des oppresseurs du peuple et des impérialistes… Leur mendicité maintient les travailleurs dans la sujétion, il ne faut rien donner à ces culs rasés, ce serait du gaspillage – Si un travailleur donne du riz aux moines en cachette, nous l’enverrons planter des choux; s’ils ne poussent pas en trois jours, il devra creuser sa propre tombe ».
Dans les transports les meilleures places sont données aux moines. Une femme ne peut toucher un moine, ni s’asseoir à côté de lui et les offrandes seront déposées à deux mains devant lui avec une attitude évidemment respectueuse. On lui demandera aussi son autorisation pour le prendre en photo. Quand on visite un monastère ou une pagode sans droits d’entrée, la coutume est de faire une donation dans la boîte prévue à cet effet. Dès qu’il y a une image de Bouddha quelque part, il faut se déchausser (chaussettes y compris), que ce soit dans un salon privé ou dans une pagode en ruine, à l’abandon depuis des lustres. En conséquence, il faut prévoir des chaussures faciles à enlever. Dans une pagode, on tourne autour du chœur – où se trouve en principe l’image de Bouddha – toujours dans le sens des aiguilles d’une montre et on ne s’assoit pas dos au Bouddha, ni ne pointe ses pieds dans sa direction.
Il est toujours bien vu de déposer des offrandes (encens ou fleurs) devant l’image de Bouddha.
Tous sont très pudiques. Il faut évidemment éviter les shorts ras des fesses et les décolletés plongeants. Dans les endroits plus touristiques comme Siem Reap ou Luang Prabang, le port du bermuda est monnaie courante. Ailleurs, il faut résolument lui préférer le pantalon ou la jupe longue. Comme dans nombre de pays asiatiques, les effusions publiques sont mal vues et les contacts physiques publics limités au minimum. Un léger signe de tête, une inclinaison du torse en joignant les deux mains (le salut local) sont préférables à une vigoureuse poignée de mains. Il faut se souvenir qu’à l’époque de l’Indochine, ils étaient choqués par l’habitude qu’avaient ces Occidentaux de « se mordre » (= le baiser), et aussi par celle d’adorer un homme presque nu crucifié sur une croix.
Les femmes participent à la vie active et jouissent de fait d’un statut quasiment équivalent à celui de l’homme, même si, selon les préceptes bouddhistes, la femme est à un rang inférieur à l’homme, notamment dans la roue des réincarnations. Dans la vie, cela se traduit par certains usages comme celui qui fera éviter à une femme de s’asseoir au-dessus d’un homme (sur une marche supérieure, sur le toit d’une camionnette où il y aurait des mâles, etc.). Les femmes sont très coquettes : rien ne leur fera plus plaisir que des petits cadeaux tels que des rouges à lèvres, vernis à ongles, échantillons de parfum… Et les enfants seront ravis avec des stylos bille.
En ce qui concerne les minorités ethniques, très nombreuses au Laos, animistes pour la plupart, il y a aussi des impairs à éviter. Beaucoup craignent l’appareil photographique, il ne faut donc pas « voler » leurs images sans accord préalable. Et aussi respecter les symboles et rituels religieux en évitant de pénétrer les cimetières, de toucher maisons des esprits, autels domestiques, totems aux portes de village, qui seraient spirituellement « pollués » par ce contact et les obligeraient à effectuer de compliqués rituels de purification. Il ne faut évidemment pas rentrer dans un village – et à fortiori dans une maison – sans y avoir été invité. Ici aussi, biscuits et stylos bille seront les bienvenus des enfants.

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